BON NANé ou BONANé
Je ne suis pas nostalgique mais quand même…
Dans ce village c’était l’insouciance, le bonheur d’être, le bonheur de vivre.
On attendait tous La GRANDE FËTE
On la préparait dès le début du mois de novembre. On savait qu’il y aura Noël mais cette fête de la nativité n’était qu’un prétexte, une occasion de faire un rodage du dispositif. D’ailleurs elle ne concernait pas vraiment tout le monde cette fête chrétienne. N’empêche, on était ravi tous ensemble. On attendait juste que les chrétiens aient fini leur truc à l’ Eglise pour se ruer tous dans les chaumières sur les bons repas (pistaches, riz, poissons, viande etc..) sans oublier le bon top pour les plus jeunes, grenadine avait du succès déjà.
Ceux qui avaient des moyens ou un peu de fantaisie avaient acheté un vêtement spécial pour Noël. Mais, la grande priorité à laquelle chacun s’obligeait était de se faire coudre son habit de BON NANé. La nature elle-même était en fête, les plantes de la saison venaient de livrer leurs plus belles fleurs, un parfum de douceur couvrait le village, la brume légère du matin, le soleil doux et léger ; cette atmosphère paisible démontrait à souhait que c’était Noël et qu’il ne restait plus que quelques jours.
Les hommes étaient tous gentils, les femmes de plus en plus radieuses. A cette période même les pleurs d’enfants avaient pris un accent mélodieux. Le village brillait de propreté, les menus étaient prêts, on attendait plus que se termine cette nuit du 30 décembre. Elle avait ses avantages de permettre les dernières négociations de l’année car dès la première heure du lendemain chacun était à son poste et toute la machine tournait à merveille. Les enfants au marigot, les mamans supervisaient le dernier coup de ménage tout en apprêtant déjà le repas du soir mais aussi en partie le grand repas du lendemain jour de l’an. On préparait toujours en très grande quantité car c’était aussi le jour du grand partage. La finalisation des décorations de maisons ici et là s’effectuait en chantant (…)
L’après-midi prenait une allure frénétique, les plus petits organisaient la petite parade sous le regard amusé des plus grands mais aussi des parents, des vieux et des vieillards (…).
Et dès que le soleil commençait à se retirer, le village s’éveillait. Quelques temps après c’était de nouveau le calme comme pour marquer le début de la longue nuit. Les plus jeunes enfants après leurs exploits étaient de retour, les familles étaient réunies pour le réveillon de la grande fête. Puis, au moment où la lune allumait ses projecteurs sur la beauté paisible et calme du village, on pouvait entendre au loin les premiers sons des tam-tams fabriqués pour l’occasion avec un film plastique tendu sur des boites ou des seaux de différentes tailles. Des assiettes, des couvercles de marmites comme cymbales, des bouteilles vides (…) Quel son ! L’orchestre était en route « Ô cocorico o ya ». Rien ne pouvait plus arrêtait la fête. Cette seule musique vous rappelait que la vie était belle et valait la peine d’être vécue. « Joujou don cam oya, salifou joujou oya ». Les voilà ; les jeunes magnifiques dans leurs déguisements se rapprochaient avec le « juju » qui ouvrait la procession. Toute la nuit ils passeront de maison en maison, sans oublier aucune au clair de la lune. Oui la grande fête ne faisait que commencer et on était heureux tous ensemble même ceux qui s’en voulaient encore hier. « Sawasawa don came today ». Ils étaient là, chantant, dansant, jouant, quelle ingéniosité, quelle créativité, quelle vitalité, quel talent, quel partage, le bonheur à chaque porte. Et dire que ça ne faisait que commencer. Alors, …………….( à suivre)

N :B : les non-initiés n’y comprendront peut-être rien mais en lisant mon roman imminent vous ferez une plongée dans cette vie féérique qui vous enchantera à coup sûr.

Je ne suis pas nostalgique mais quand même. #NKCapture d’écran 2019-01-04 à 16.08.13.png

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